Aude : une poignée de militants dénonce des “chasses aux migrants” partout en France

“Il s’agit de remplacer cette pensée unique qui affirme que l’immigration est une charge, alors qu’elle est une chance, une richesse, un investissement lié à l’avenir”, met en avant Benoît de Tarlé, l’un des membres audois de Réseau éducatif sans frontières (RESF).

Hier le projet de loi «Immigration et asile» a été présenté en Conseil des ministres.

Augmentation de la durée légale de rétention, moins de temps pour déposer un dossier de demande d’asile et moins de temps pour un recours si la demande est déboutée… Le projet de loi est jugé «grave et dangereux» par 470 associations et autres collectifs citoyens.

Afin d’exprimer ce désaccord, ceux-ci étaient appelés hier à «accrocher des tissus noirs, si possible devant les bâtiments publics», comme un symbole de «ce 21 février, jour de deuil pour les droits des étrangers».

«Oui, nous souhaitons faire pression, dire que nous ne sommes pas d’accord mais surtout, nous souhaitons être force de propositions», explique le collectif audois.

Retour en arrière, avec les presque 500 associations et ses collectifs citoyens qui, au mois de juin 2017, «appelaient le nouveau chef de l’État et son gouvernement à organiser une conférence nationale sur la politique migratoire en France. Face à un «discours alliant humanité et fermeté» et, sur le terrain, des politiques qui ne répondent pas, voire aggravent la situation des étrangers», plus des «chasses aux migrants qui continuent dans les Alpes, près de Calais et partout en France, et ceci tandis que les procès citoyens se succèdent», il est alors décidé de «lancer une concertation nationale». Ces «États Généraux des Migrations», outre la construction d’un contre-pouvoir pour «dénoncer les situations inacceptables», outre des propositions voulant «démontrer qu’une autre politique migratoire est possible», souhaitent construire «un mouvement d’opinion pour s’opposer à une vision erronée, culpabilisante et trop souvent xénophobe des migrations et des migrants».

«Les médias ont pour habitude de parler de crise des réfugiés, alors qu’en réalité il s’agit d’une crise des politiques migratoires»

Dans l’Aude, une douzaine d’associations déclinent localement le tracé des États Généraux des Migrations, explique Roseline Charlut, membre du collectif.

Pierrette Gillet appartenant également à RESF, veut souligner que «les médias ont pour habitude de parler de crise des réfugiés, alors qu’en réalité il s’agit d’une crise des politiques migratoires, pleine de rafistolages».

«Selon le gouvernement il y aurait les mauvais et les bons migrants. Ces derniers migreraient à cause de la guerre, tandis que les mauvais seraient motivés par leur sécurité économique. Autrement dit, l’on ne doit pas mourir sous les bombes mais, l’on peut mourir de faim : il faut refuser cela», opposaient les membres audois de RESF.


Source : La Dépêche

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