Limoux : Limoux Renouveau rappelle l’affaire Dupré en plein conseil municipal

«Les Limouxins se demandent comment vous pouvez encore être là !»

Drôle de conseil municipal, ce 25 octobre, où l’on avait oublié d’inscrire la sérénité à l’ordre du jour, dans une salle surchauffée. Un conseil municipal de rentrée aux allures de guerre des tranchées. Une longue, très longue guerre des tranchées qui débutait à 18 h 15 et se clôturait vers 21 h 45. Sur 75 points à l’ordre du jour, plus de la moitié a suscité des montées au front cinglantes, des invectives, des commentaires acides, entre une opposition extrêmement remontée et un maire, Jean-Paul Dupré, jamais avare d’une passe d’armes. Pas toujours en rapport avec l’ordre du jour et le vote des pièces en cours. Pièces dans sa grande majorité votées à l’unanimité. Un duel au sommet couvrant bien souvent la voix des conseillers qui souhaitaient s’exprimer. Des conseillers réduits à regarder leurs portables, discuter ou aller aux toilettes. Limoux Renouveau ouvrait les hostilités en lisant, à micro ouvert et voix forte, un texte sur le mea culpa du maire, le 22 juin dernier : «En rapport avec la vidéo licencieuse vous concernant. Pendant tout l’été, que ce soit à Limoux ou à l’extérieur, nous avons eu droit à des réflexions, blagues en tout genre qui ont fait rire certaines personnes, mais qui n’ont pas fait plaisir à un bon nombre de Limouxins, qui se demandent comment vous pouvez encore être là… Nous vous demandons d’avoir de la retenue dans votre omniprésence… Les Limouxins se demandent aussi pourquoi vous bénéficiez d’une caméra ? Merci de leur répondre» et de terminer par : «Limoux a bien perdu de sa prestance, elle s’enfonce dans le déclin».

Surpris par ces propos incisifs, Jean-Paul Dupré accuse le coup : «Je vous suggère la retenue ; pour le reste, on en parlera dans quelques instants». Les quelques instants ne furent pas très longs à attendre. C’est lors du vote, à l’unanimité, du soutien de la ligne de chemin de fer Limoux-Quillan que les algarades recommencèrent, pour ne plus cesser, jusqu’à 21 h 45. Les élus les plus opiniâtres, dans ce climat tendu, prenaient la parole, sans vraiment intéresser l’assistance. Le ton monta encore d’un cran au vote de la subvention de 75 000 € au carnaval du monde. Quand l’opposition vote contre, Jean-Paul Dupré s’énerve : «Vous avez bien vendu votre fonds de commerce, madame Pagès, non ?». Dany Pagès réplique : «Ce n’est pas grâce au carnaval du monde, que je sache !». Quelques invectives plus loin, René Cuomo tranche : «Vous n’avez pas de morale à nous faire, monsieur le maire». Réponse du premier magistrat : «Ne finassez pas, monsieur Cuomo !». Pour faire baisser la tension, le premier adjoint Pierre Durand prend la parole. Fait un point sur l’économie festive du territoire. Ce qu’elle coûte et ce qu’elle ramène en richesses. Un instant de quiétude bienvenue où on apprend que les chiffres officiels des Bulles sonores 2017 sont tombés. 18 000 festivaliers présents sur la manifestation ont généré, globalement, 5 millions d’euros. «Une économie que chacun d’entre nous ici apprécie. Une économie que l’on ne pourra jamais délocaliser». La salle reprend son souffle et acquiesce. Une accalmie de courte durée. Lorsque le maire annonce le montant des investissements de la ville, comme un trophée, au regard des dotations toujours plus faibles octroyées par l’État aux régions et aux départements. Les principaux financeurs des communes. Vlan ! René Cuomo demande si la ville ne devrait pas elle aussi faire des économies dans l’argent qu’elle distribue, notamment aux associations ? Le maire réplique : «Vous voulez supprimer les subventions aux associations ? Mais dites-le ? Vous, depuis vos 1 000 jours dans l’opposition, vous avez fait quoi ?». Réponse de l’opposition : «Je ne dis pas qu’il faut supprimer les subventions, je suggère des économies. Nous ne faisons rien, vous ne nous laissez jamais aller jusqu’au bout de nos phrases et vous n’écoutez jamais nos propositions !». Comme au tennis, on pouvait légitimement estimer qu’après trois heures de match, plusieurs montées au filet, plusieurs avantages de part et d’autre. Il y avait égalité entre une opposition complètement libérée et un maire qui voulait en découdre. Dans ces conditions, Limoux Renouveau n’a certainement pas dit son dernier mot.


Source : La Dépêche

Photo : La Dépêche / F.P.

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