Présenté aujourd’hui par le gouvernement, le projet de loi de Finance (PLF) 2018 – qui définit le montant des dépenses et recettes de l’Etat – détaille notamment les contours de la future aide médicale d’Etat (AME). Cette dernière permet la prise en charge médicale des personnes en situation irrégulière et résidant en France depuis plus de trois mois. L’AME, dont les ressources sont “faibles” précise Bercy, voit ainsi son enveloppe augmentée de 108 millions d’euros pour répondre “à un objectif humanitaire et sanitaire”. Une revalorisation qui permet de “financer la hausse tendancielle de la dépense”, c’est à dire l’augmentation du nombre de bénéficiaires. L’afflux de réfugiés dans l’Hexagone explique sans doute cette hausse. Au total, le budget de l’AME s’élèvera à 910 millions d’euros, contre 815 millions d’euros en 2017. Soit une augmentation de 13%.

En parallèle, le PLF prévoit un “renforcement” des dispositifs de contrôle et de lutte contre la fraude, sans plus de précision. Renforcement supervisé par la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), organisme qui gère également le budget de l’AME. Créée en 1999, l’AME a été vivement critiquée par les candidats de droite à l’élection présidentielle. Marine Le Pen, l’a qualifiée de «pompe aspirante de l’immigration». Nicolas Dupont-Aignan prévoyait de la transformer en une « aide médicale exceptionnelle et provisoire ne concernant que les urgences sanitaires et les maladies contagieuses ». François Fillon, lui, souhaitait restreindre le nombre de bénéficiaires de cette aide et ainsi générer des économies.