Aude : une politique discutable et un avenir incertain selon un rapport de la Cour des Comptes

L’Aude est « un département RSA ». L’enquête de la Cour des comptes qui dresse ce constat-là, a porté sur 26 départements français, et a été menée de 2011 à 2015. Pour la Cour des Comptes – qui rendait hier son rapport sur les finances publiques des collectivités territoriales – l’idée est de dresser un panorama des dépenses sociales dans le pays. Niveau Occitanie, la CRC (Cour régionale des Comptes d’Occitanie) a notamment choisi de se pencher sur l’Aude, un département particulièrement en souffrance : un Audois sur dix vit dans un ménage disposant de moins de 9 100 euros par an.

Augmentation des dépenses sociales

En 2015, les dépenses sociales y représentaient 53,3 % des charges courantes de fonctionnement. Si on y ajoute la rémunération du personnel qui gère ces aides-là, on dépasse allègrement les 60 % de dépenses du département. Soit un total de… 255 millions d’euros. Une tendance lourde : de 2011 à 2015, le montant des aides sociales versées a ainsi augmenté de 25 %. Malgré un soutien exceptionnel de l’État (2,6 millions d’euros en 2011 et 1,4 en 2013), le département ne parvient pas à se rapprocher de l’équilibre.

Un choix politique discutable

Malgré des mises en garde de la CRC, l’Aude a fait le choix de ne pas modifier le maillage de son système d’attribution d’aides sociales : personnel inchangé, réseau idem… Pour la CRC, même s’il s’agit d’un choix politique qui peut se défendre, il pourrait néanmoins coûter cher au département. A noter toutefois que la CRC salue certaines initiatives lancées dans l’Aude : contrôles accrus des bénéficiaires, accent mis sur le remboursement des sommes indûment perçues, contrôle detarification des établissements…

Un avenir incertain

A l’évidence, les mesures (louables) mises en place par l’Aude (pour lutter contre la fraude, notamment) ne suffisent pas à enrayer le phénomène d’augmentation des dépenses sociales, constate la CRC. Et la Cour de souligner la dégradation de l’auto-financement qui en découle : l’épargne nette disponible est ainsi passé de 66,9 millions d’euros, en 2011, à 53 millions, en 2015. Pour l’heure, la CRC ne dispose d’aucun élément permettant d’envisager une amélioration de la situation.

Rosanne Mathot


Source : L’Indépendant (page 2 – 12/10/17)

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