Montréal : les quatre Albanais squatteurs ne seront pas expulsés du territoire

S’ils étaient quatre jeunes Albanais poursuivis pour une violation de domicile le 10 avril dernier à Montréal, un seul était présent hier pour s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Carcassonne.

La porte du garage ouverte

Au moment des faits, c’est un appel anonyme qui a alerté la gendarmerie pour signaler la présence de plusieurs individus qui étaient rentrés dans un immeuble inoccupé au n° 11 de la place Saint-Vincent, à Montréal. Sur place, les militaires vont ainsi tomber nez à nez avec les quatre prévenus qui étaient en train de se préparer à manger. Contacté dans la foulée, le propriétaire des lieux a déclaré ne pas être au courant
de ce squat, tout en précisant que l’un des intrus avait déjà été hébergé par ses soins. Là, c’est par la porte d’un garage restée ouverte que les quatre jeunes sont parvenus à s’introduire sans casse.

Hier, le seul prévenu présent à la barre du tribunal a expliqué qu’il connaissait le propriétaire des lieux, pour qui il avait déjà travaillé durant une petite année pour la réfection d’un château en étant seulement payé 30 € par jour. « Le propriétaire m’avait dit que je pouvais revenir ici si j’en avais besoin… », a indiqué le prévenu présent à l’audience. C’est ainsi que tout ce petit monde s’est installé dans ce bâtiment inoccupé, sans avoir le sentiment de commettre un délit. L’eau et gaz ont même été rouverts, c’est dire ! Lors de son intervention, la vice-procureure Sandra Materat a tenté de faire la part des choses dans cette affaire où la victime (absente hier) est plus que confuse : « Au début, le propriétaire des lieux avait autorisé la présence du prévenu, mais il avait changé d’avis en apprenant qu’il avait des ennuis avec la justice ». Une amende délictuelle de 200 € a ainsi été requise pour les trois absents à l’audience ; 70 heures de travail d’intérêt général ayant été sollicitées pour le quatrième mis en cause.

Pour la défense, Me Marion Blondeau n’a pas manqué de mettre à mal « une infraction qui n’est pas constituée… Cet immeuble était inoccupé depuis plus de trois ans, et la question de l’accord du propriétaire pose largement question ! Je ne comprends pas pourquoi nous sommes là, avec une victime qui a bien profité de la situation irrégulière de ces personnes quand il en avait besoin… »

Une plaidoirie qui a visiblement séduit le tribunal, puisque la relaxe des fins de la poursuite a été prononcée à la suite du délibéré.


Source : L’Indépendant (Page 4 – 04/10/17)

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