L’Aude poursuit sa politique immigrationniste avec l’arrivée de « mineurs » clandestins

Le dispositif d’accueil des migrants mineurs trouve ses marques

Solidarité. Depuis cet été, les primo arrivants mineurs non accompagnés sont accueillis à Villeneuve-Minervois.

Nous faisons ce que nous pouvons, mais à la hauteur de la mission qui nous a été confiée ». Le président du conseil départemental André Viola a rendu visite hier après-midi à la vingtaine de Maliens, Camerounais, Sénégalais hébergés à Villeneuve-Minervois et au personnel recruté cet été pour les accompagner. La structure d’accueil, unique dans l’Aude, est en place depuis le mois d’août. Elle gère « l’évaluation de la minorité » de ces jeunes migrants, leur âge déterminant la suite de leur cheminement vers un titre de séjour. 230 jeunes sont passés par là cette année, à Carcassonne et Narbonne et dans des hébergements improvisés dans l’urgence, soit le double de l’an dernier… qui était déjà le double de 2015.

Pour l’accueil temporaire des mineurs, – dans les faits, il dure entre quelques semaines et quelques mois – le département a longtemps cherché un lieu central.

Le coût de l’accueil

Il reste un souci : l’État s’est engagé à prendre en charge 5 jours d’évaluation en centre, alors qu’elle prend beaucoup plus de temps. L’évaluation (vérification des papiers, démarches administratives, visite médicale) serait en fait assez rapide du côté départemental. Les retards dans les traitements des dossiers proviendraient surtout de la police des frontières, de plus en plus sollicitée elle aussi. Un surcoût reconnu par le Sénat dans un récent rapport, estimant que la compensation accordée par l’État « ne couvre que 10 % du total ». André Viola l’a rappelé hier lors de sa visite : les départements demandent une réévaluation de cette aide, directement au Président de la République. Une décision pourrait être prise à Paris le 15 septembre.

Le dispositif audois a été entièrement réorganisé et rationalisé cet été, grâce à cette base villeneuvoise retapée dans l’urgence, fournie gratuitement par l’association des Pupilles de l’enseignement public. Des recrutements ont été effectués pour créer une véritable équipe pluridisciplinaire d’accompagnement à la hauteur de l’enjeu. À Villeneuve-Minervois l’effectif comprend une assistante sociale, une psychologue, une infirmière, une maîtresse de maison, 3 agents d’entretien, 3 veilleurs de nuits, 10 éducateurs et une secrétaire. Le lieu est tranquille : tous ont le sourire. Les élus insistent là-dessus en lançant des piques à ceux qui s’inquiétaient de cette situation nouvelle.

Sur les 140 mineurs non accompagnés, déjà passés par l’évaluation dans d’autres départements et accueillis dans l’Aude, seul deux « posent problème », a tenu à rassurer un responsable, pointant l’arrive d’un autre public, « les enfants des rues », dont les comportements ne sont pas les mêmes que chez ces enfants des campagnes, qui n’ont pas connu l’école, mais soucieux de pouvoir s’intégrer et travailler. Les prises en charge ont néanmoins été adaptées à ce nouveau type de migrants assure le département. L’Aude continue de s’organiser et s’en sort très bien, à en juger le calme et la bonne humeur régnant à Villeneuve.


Source : L’Indépendant

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