Situation économique de l’Aude : le cas Lézignan

FINANCES. Le gouvernement Macron a annulé par décret plus de 300 millions d’euros de dotations aux collectivités territoriales, quelles seront les conséquences pour la Ville et l’intercommunalité ?

L’annonce est tombée durant l’été et l’association des maires de France s’est immédiatement insurgée: 300 millions d’euros ne seront pas attribués aux collectivités territoriales en 2017, remettant en cause le financement de nombreux projets.

 Les communes de moins de 30 000 habitants, les zones classées en Politique de la ville (1) et les territoires ruraux devraient être particulièrement impactés. Michel Maïque, maire de Lézignan et président de la communauté de communes de la région lézignanaise Corbières Minervois réagit.

Supprimer Prom’Aude ?

« Au mois de novembre pour le congrès des maires, il faut s’attendre à une levée de boucliers », prévoit le 1er magistrat.

Concernant la commune de Lézignan, « nous avons perdu sur le précédent mandat 1, 4 millions par an de dotations de l’État. Ce montant s’élève à 1, 8 millions par an pour la communauté de communes. Avec ce qui a été annoncé par le gouvernement, on sera à 1,5 million de moins par an pour la Ville et 2 millions par an pour la CCRCLM ! ».

Quelle solution pour les maires ?

« Ils diront qu’il faut augmenter les impôts, mais je me suis engagé à ne pas le faire jusqu’à la fin de mon mandat ».

Autre piste: baisser les frais de fonctionnement.

« Mais sur quoi agir? Supprimer Prom’Aude? Réduire drastiquement le Festival patrimoine et culture? Amener tous les services de la petite enfance au plus près des coûts réels (NDLR : soit une augmentation pour les usagers)? Baisser les subventions aux associations qui en ont le plus comme la MJC, le FCL XIII, ou la Maison Gibert dans une moindre mesure? Or, ce n’est pas neutre pour la population de Lézignan ».

Concernant le personnel communal, soit 42 % du budget municipal, « l’effectif est le même depuis 7 ans avec 151 agents alors que la population a fortement augmenté. On ne peut pas se permettre d’embaucher, les départs en retraite ne sont pas tous remplacés et cela se ressent sur l’efficacité des services comme la propreté. Tout cela n’est pas neutre non plus pour Lézignan ».

Néanmoins, « il faut attendre le budget 2018 de l’État pour savoir quelle sera exactement notre situation », tempère MichelMaïque.

Il prévient cependant, « si le financement des temps d’accueil périscolaires par l’État n’est pas renouvelé, nous reviendrons à la semaine de 4 jours ».

«Les prochaines années seront difficiles»

Concernant les investissements à venir, « ils seront drastiquement réduits ».

Heureusement, « la Ville est aujourd’hui à un niveau de structuration et de services quasiment complet car beaucoup d’efforts ont été faits (NDLR : construction d’une médiathèque, d’une cité scolaire, rénovation de la MJC et du centre ancien…). Car les cinq prochaines années seront difficiles ».

L’atout de Lézignan « c’est son positionnement et ses réserves foncières qui lui permettent d’accueillir des entreprises, et nous avons des contacts sérieux ».

Pour autant, « si l’arrivée de nouvelles entreprises donnera plus d’aise au budget, le temps qu’une entreprise s’installe et lance son activité, il faut attendre 5 ans avant les premiers retours fiscaux ».

Quant aux indemnités des élus, « elles ont déjà été réduites pour permettre d’accueillir 4 conseillers municipaux délégués supplémentaires ».

S’il est certain que l’investissement de Lézignan sera revu à la baisse, celui de l’intercommunalité ne sera pas épargné.

Michel Maïque pense plus particulièrement aux fonds qui ont été alloués à l’enfance et au Centre intercommunal d’action sociale qui œuvre pour les personnes âgées.

Quant à la construction d’un grand espace aqualudique, « avec son fonctionnement annuel estimé à 800 000 €, il est remis en question ».

Pour revenir à la Ville de Lézignan, « nous nous en sortirons car nous avons cette chance de pouvoir accueillir des entreprises », reprend le maire.

En revanche, il est beaucoup plus pessimiste quant aux petits villages : « Pour certains d’entre eux, il n’y a pas d’issue et ils ne s’en sortiront pas ».

 1 : pour réduire les inégalités entre habitants, le centre-ville de Lézignan est concerné.


Source : L’Indépendant

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