Limoux : quatre cambrioleurs au casier judiciaire bien rempli, au tribunal

Hier, à l’audience du tribunal correctionnel ce sont de jeunes prévenus qui ont comparu devant les magistrats : deux frères qui habitent Limoux et dont l’un est arrivé menotté, encadré par des policiers ; un autre d’origine ukrainienne, et le quatrième natif de Provence. Celui qui est arrivé menotté est ressorti du tribunal toujours entouré de policiers, condamné à deux ans de prison ferme. Son frère, lui, a pris huit mois ferme, l’Ukrainien huit mois également, et le dernier quatre mois.

La présidente a lu le compte rendu des quatre vols et tentative de vol perpétrés « par ruse, effraction ou escalade dans un local d’habitation » commis entre les mois d’avril et juin 2016 à Limoux, Pauligne et Pieusse. Avec en prime « un refus d‘obtempérer à une sommation de s’arrêter dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d’infirmité ». À la barre, les prévenus ont dû expliquer leur participation dans chacun des vols. Mais tous ont nié, excepté un seul, celui qui est arrivé menotté (appelons-le X.) : « Je reconnais les faits, c’est moi qui ai tout fait ». Assertion qui n’a pas abusé la Cour.

Au fil des questions, la présidente a démonté les systèmes de défense des prévenus. À l’Ukrainien dont le véhicule a été reconnu par des témoins peu avant l’un des vols, la réponse de l’intéressé a frôlé la
logique pure, sans l’atteindre : « Je me promène souvent dans le quartier Saint-Antoine (à Limoux, NDLR), donc c’est normal ». « La voiture, je l’ai depuis que je l’ai achetée ».

Et s’il a été vu avec deux des autres prévenus, lui ne s’en souvient pas. Il ne s’étonne pas non plus que sa voiture ait été vue sur les lieux du vol : « Ben, je l’ai peut-être prêtée ». La présidente a insisté : « X. a été vu
au volant ». Réponse : « C’est qu’il la conduisait ». À la question, « depuis combien detemps possédez-vous cette voiture ? », l’explication, là encore, a valu son pesant d’or : « Je l’ai depuis que je l’ai achetée ». Le ton n’était même pas ironique. On nageait dans le 100 % nature brut de décoffrage. La présidente a donc dû s’adapter au prévenu, et lui demander de préciser la date.

Chose que le jeune originaire de Provence n’a pas su faire. À son actif ? Un casier judiciaire chargé comme une mule, avec une thématique récurrente : les infractions routières. Une spécialité. La preuve, lors d’un retour de vol, celui qui a été commis à Pauligne, il tombe sur un contrôle de gendarmes et n’obtempère pas. La raison ? Dans la voiture, à ses côtés, se trouve X. « C’est lui qui m’a dit de ne pas m’arrêter. Mais bon, quand on voit des gendarmes, ben, c’est pas bon signe ».

  • Avocate du diable

Plus « étonnant », il ne savait pas que X. venait de cambrioler, comme l’autre ne savait pas que X. conduisait sa voiture… Mais au chapitre des dénégations, celle de X. fut des plus aléatoires. La présidente venait de lui expliquer qu’une chaussette noire, portant ses traces d’ADN, avait été retrouvée sur les lieux d’un des vols. « Un jour, j’ai dormi chez des amis. Et quelqu’un m’a peut-être volé une chaussette pour me compromettre ». Dans son réquisitoire, le procureur a demandé au tribunal d’entrer en voie de condamnation, et le tribunal l’a suivi. L’avocate qui défendait X. s’est présentée comme l’avocate… du diable, sur un ton ironique bien sûr : « Mon client est diabolique, conspirationniste. Il a contraint les trois autres à le suivre dans ces vols. Et les autres nous disent qu’ils ne savaient pas… » Vu les condamnations, le tribunal a rétabli la vraisemblance du réel.


Source : La Dépêche

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