Carcassonne : deux frères s’en prennent à 3 gendarmes pour un PV

“Ubuesque”, l’affaire d’outrage et rébellion jugée vendredi par le tribunal correctionnel de Carcassonne, comme la qualifiait l’avocate chargée des intérêts de trois gendarmes parties civiles ? Confuse, sans doute. Il a bien fallu une heure à la présidente Valérie Reymond pour rappeler les faits, tenter de démêler le faux du vrai, et jauger des responsabilités des deux frères appelés à la barre.

L’aîné, pour répondre d’outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique, en l’espèce des insultes à l’encontre de deux gendarmes. Le cadet, tout juste majeur, pour s’expliquer d’outrage, aussi, et répondre de rébellion contre un autre gendarme. Un militaire qui, dans cette affaire datée du 29 mars 2017, survenue à deux pas de l’enceinte du peloton motorisé de Lavalette, ne pensait sans doute pas qu’une simple contravention allait virer à un tel capharnaüm. Lorsqu’il constate le défaut de vignette de contrôle technique sur un véhicule garé devant le domicile familial des deux frères, le militaire sollicite le cadet. Et l’invite à sortir du jardin pour approcher de la voiture. Et lui signale l’inévitable contravention.

  • Du PV au taser

Avant que l’affaire ne tourne mal. Avec des versions diamétralement opposées au témoignage du gendarme livrées par les deux frères. Hier, Farid, le plus jeune, voulait bien reconnaître une chose. Avoir dit qu’il s’en «battait les couilles» d’une contravention. Le gendarme fait lui état d’une «arrogance» affichée, et de termes plus encore salés. Suffisant pour informer le jeune homme qu’il décide de l’interpeller pour outrage. Et de le menotter. «J’ai demandé à ce qu’il le fasse avec les bras devant, parce que j’avais des douleurs», assurait hier à la barre Farid.

Qui, entre-temps, a trouvé le moyen de se battre avec son frère aîné, Salim, venu pour «calmer les choses», assurait hier l’avocate de l’aîné. Invectives, coups, jets de pierre, c’est sous les yeux du gendarme que les deux frères règlent leurs comptes. Jusqu’au menottage en bonne et due forme, les bras dans le dos, qui pousse Farid à prendre appui sur le portail, tentant d’asséner des coups de tête ou coups de coude, avant de chuter au sol. Sans pour autant revenir au calme. Déclenchant, pour mettre fin à la scène, l’usage d’un taser par les gendarmes venues en renfort. Touche finale à l’imbroglio, qui, assurait Salim, a déclenché sa réaction: «Je reconnais les insultes contre les gendarmes, pas les menaces. Si je m’en suis pris à eux, c’est parce qu’ils ont tiré sur mon frère alors qu’il était déjà maîtrisé.»

  • Deux mois avec sursis pour l’aîné, ferme pour le cadet

Un timing que la présidente remettra en cause avant que le procureur de la République Vincent Auger ne souligne que les deux prévenus étaient hier «au moins en partie revenus sur les dénégations d’outrage et de rébellion». Suffisamment pour requérir six mois de prison ferme pour le plus jeune, quatre pour l’aîné. Les avocats des deux frères plaideront bien le «manque de maîtrise» ou de «discernement» des forces de l’ordre ou l’aveugle «instinct fraternel» de l’aîné. De quoi atténuer la peine requise. Mais avec tout de même deux mois avec sursis mise à l’épreuve pour l’aîné, et deux mois ferme pour le plus jeune. Ainsi que des condamnations à verser un total de 900€ de dommages et intérêts aux trois gendarmes.


Source : L’indépendant

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